Certains courants de pensée psychologiques, spirituels, ésotériques nous font croire que notre vie, en l’occurrence notre présent et l’avenir, est une conséquence logique de notre passé.
Pour la psychanalyse nous passons notre vie à résoudre le complexe d’Oedipe, a être emprisonnés dans les schémas familiaux en reproduisant les modèles ou contre-modèles parentaux et en projetant nos émotions et sentiments ressentis envers nos parents tels que l’amour, le désir, la haine, l’agression sur d’autres personnes qui y ressemblent.
Pour l’analyse transgénérationnelle nous héritons inconsciemment les traumatismes vécus par nos générations antérieures qui déterminent aussi inconsciemment notre comportement, nos réactions et surtout les événements de notre vie. On se retrouve à revivre les éléments clés des vies de nos parents et grand-parents, on leur ressemble, on fait les mêmes erreurs et on a les mêmes traumas.
Pour l’approche génétique nous ne sommes en grande partie que la conséquence des gènes hérités de nos parents. Et là nous n’avons pas un grand champs de manœuvre pour évoluer à moins de remplacer un gène par un autre. Mais encore il faut pouvoir le faire.
Pour la psychologie sociale notre comportement adulte est une conséquence de l’impact du milieu social, en commençant par la vie intra-utérine et le maternage et en continuant par l’influence de la famille, de l’école, de la culture et de la société au sens large. La société du micro au macro-niveau nous forge et nous sculpte tout le long de la vie.
Pour ceux qui croient en réincarnation, notre vie actuelle est une conséquence de nos erreurs et de nos bonnes actions dans des vies précédentes. Aussi les traumatismes vécus antérieurement peuvent, selon cette vision, ressurgir dans dans la vie actuelle. Dans ce contexte la spiritualité bouddhiste permet notamment d’accepter les malheurs dans la vie considérés comme étant mérités, et de travailler sur soi pour les réparer.
Pour ceux qui croient en astrologie, cartes et divinations, la vie est écrite d’avance et on ne fait que subir ce qui nous arrive, car cela doit arriver. L’horoscope ou les cartes Tarot censés nous aider à découvrir et à comprendre notre avenir, calment provisoirement notre anxiété devant l’inconnu, donnent la sensation de le maîtriser, mais aussi comme des suggestions auto-réalisantes nous prédisposent à agir en fonction des prédictions et à s’y conformer. Une étude astrologique ou les cartes Tarot dans les mains d’un bon psychologue avec une bonne éthique peuvent rassurer leur client, l’aider à dépasser les obstacles et à faire de bons choix dans sa vie, mais dans les mains de quelqu’un psychologiquement incompétent (il ne s’agit pas de diplômes en psychologie mais de la connaissance de la nature humaine) ces prédictions peuvent précipiter le client psychologiquement fragile vers toute sorte de troubles.
Enfin, pour les croyants, notamment chrétiens, mais aussi musulmans, Dieu, quel qu’il soit, est un créateur tout-puissant qui crée, guide, gratifie et punit ses adeptes à sa guise, et dans cette mesure, la vie de l’être humain est complètement soumise à Dieu. D’autre part, l’homme a une marge de manœuvre car il peut obéir ou désobéir, se laisser tenter ou posséder par le diable ou suivre la voie des vertus, et en être récompensé ou puni par la suite. En tout cas il connaît les règles, mais la décision de déterminer ce qui est bien ou mal ne lui appartient pas.
Bien entendu, objectivement la majore partie de ces facteurs a, à des degrés différents, une influence effective sur notre développement. Nous ne pouvons nier ni l’héritage génétique, ni l’influence de l’éducation, ni l’impact conscient ou inconscient de l’histoire familiale qui a aussi l’effet des suggestion auto-réalisante, ni l’importance des expériences vécues tout au long de la vie sur notre caractère et notre comportement, notre rapport à la vie et aux événements. Des modèles, des réactions, surtout émotionnelles ancrés dès l’enfance et répétées à plusieurs reprises ne sont pas si faciles à modifier. Encore faut-il en prendre conscience et vouloir le faire.
Mais sont-ils une fatalité, un sort jeté sur l’homme le renfermant dans une voie préétablie d’une façon ou d’une autre? Quel que soit le poids de ces influences extérieures sur la vie de l’homme, sont-elles suffisantes pour le transformer en une victime obligée de porter son fardeau jusqu’à la fin de ses jours? Y a-t-il une autre issue pour les personnes maltraitées, violées, abandonnées ou mal-aimées que de construire leur vie autour de leur trauma en revivant le même scénario à multiples reprises et en changeant juste les acteurs? Où commencent la responsabilité de l’homme de sa vie et son libre arbitre? A partir de quel moment l’homme est capable de devenir son propre créateur?
Bien entendu, il faut avouer qu’il y a des choses sur lesquelles nous n’avons aucune influence et que nous devons accepter, comme la mort, l’accident, certaines maladies, la décision irrévocable d’un être cher, ou d’autres circonstances qui nous échappent, et où certaines personnes, en fonction de leur croyances, peuvent voir un signe d’intervention de Dieu, de l’univers, le destin ou le hasard.
Cependant, et quelque soit la gravité de la situation on voit certaines personnes handicapées devenir plus actives après leur accident, s’y adapter mais ne pas s’y soumettre, et a continuer à jouir de la vie autant si ce n’est pas plus qu’avant le moment tragique. D’autres en apprenant qu’ils ont un cancer, changent complètement leur vie, se prennent en mains, se battent et contrairement à toute attente guérissent. D’autres dépassent le traumatisme d’un abus sexuel, la timidité, parfois la culpabilité, deviennent suffisamment forts et sûrs d’eux pour aider d’autres victimes. D’autres se relèvent après un échec professionnel ou affectif, analysent leurs erreurs, tirent des leçons, changent leurs réactions, comportements et stratégies et avancent vers la réussite et le bonheur.
En tout cas la capacité de se remettre en question et de vouloir s’en sortir et de changer sa vie est importante. Le changement commence par la décision d’arrêter d’être victime et de prendre les rênes de sa vie. Certaines personnes ont suffisamment de volonté pour faire ce chemin toutes seules. D’autres peuvent avoir besoin dans un premier temps d’un accompagnement d’un thérapeute. Une thérapie intégrant l’hypnose peut s’avérer très utile et efficace dans ce cas-là pour traiter les traumatismes, changer les croyances, prendre possession des ressources intérieures, modifier les réactions et le comportement, forger la personnalité et avancer avec confiance dans la direction de libre choix vers l’épanouissement personnel.
Anna IOURENKOVA, Hypnothérapeute, Nice http://www.hypno-thérapie.fr
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